Une situation précaire pour les diffuseurs

30 août 2017

Le directeur artistique du Théâtre Belcourt, Mario Courchesne, a profité du lancement de la programmation 2017-2018 pour réclamer davantage d'aide gouvernementale. 

Il fera d'ailleurs partie d'une délégation de diffuseurs qui doit faire des représentations auprès du Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ) au cours des prochaines semaines.
Depuis trois ans, les réorganisations en matière de gouvernance régionale ont fait mal aux diffuseurs. «On était sept qui avait un contact avec la direction régionale à Trois-Rivières. Maintenant, on se ramasse quarante à faire affaires avec des gens du ministère qu'on ne verra jamais», déplore Mario Courchesne.
Les diffuseurs doivent également composer avec un manque à gagner depuis les coupes dans les budgets du Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ). Si bien que la situation de plusieurs d'entre eux devient de plus en plus précaire. Il faut dire que l'aide qui est consentie au Théâtre n'a pas augmenté depuis 10 ans, alors que les frais, eux continuent d'augmenter.
Si bien qu'en coulisse, plusieurs se demandent si cette situation ne traduit pas un désir de centraliser en resserrant l'étau sur les petits diffuseurs pour en faire fermer quelques-uns, a témoigné Mario Courchesne.
«Pour compenser, on nous demande d'être créatif et original. Comme si le fait de présenter un spectacle, d'atteindre un public et que l'artiste soit original dans son offre, ce n'est plus assez. Il faudrait les faire danser le toit du théâtre, avec des drones qui les survolent pour les filmer pour ensuite projeter ça dans le nuage numérique pour que la planète entière puisse les voir», ironise-t-il.
Le président du Théâtre Belcourt soutien d'ailleurs que les résidents des milieux ruraux ont droit d'avoir les mêmes services et que la diffusion culturel de qualité, comme c'est le cas au Belcourt, en fait partie.

D'autant plus que la présence d'un tel lieu, à Baie-du-Febvre, apporte des retombées économiques et touristiques très importantes pour la communauté, faire valoir le maire Claude Lefebvre.
«C'est souvent plus intéressant pour les gens de la ville de venir voir les artistes à Baie-du-Febvre, ajoute-t-il. Parce que c'est facile d'accès et que la salle permet une proximité avec les artistes et une qualité acoustique qu'on ne retrouve pas ailleurs.»

Source : Le Courrier Sud