Prix Georges-Dor : cinq centricoises honorées

21 mars 2017

La Société Saint-Jean-Baptiste du Centre-du-Québec (SSJBCQ) a profité de la Semaine de la langue française et de la francophonie pour remettre son prestigieux prix Georges-Dor ainsi que les prix du Mérite en français. Cet événement unique au Québec a souligné l'excellence de cinq centricoises.

Les Mérites en français sont remis chaque année par la SSJBCQ aux élèves ayant obtenu les meilleurs résultats du territoire centricois aux examens ministériels de français de 5e secondaire.

Les lauréates sont : Rachèle Daneau et Léonie Gagnon qui fréquentaient toutes deux l'an dernier l'école secondaire Jean-Nicolet, ainsi que Léonie Vigneault qui elle complétait son parcours secondaire à la polyvalente La samare de Plessisville. Ces jeunes femmes poursuivent maintenant des études collégiales en vue de devenir respectivement avocate ou journaliste, pharmacienne et éducatrice spécialisée.

Prix Georges-Dor 2017

Remis depuis 2002, le prestigieux et convoité prix Georges-Dor a été décerné cette année à Maureen Martineau.

Dotée d'une plume expérimentée, la lauréate 2017 est une passionnée bien ancrée dans sa communauté. Mais ses mots, eux, ont fait bien plus que le tour du Québec.

Après 33 ans au sein du théâtre Parminou, cette comédienne et auteure emprunte en 2012 une voie artistique plus personnelle et plus exigeante sur le plan de l'écriture. Les histoires qui l'habitaient se sont imposées sous la forme de roman policier.

Depuis 2012, son héroïne a été au cœur de trois œuvres qui ont su charmer tant les éditeurs que les lecteurs, par le style d'écriture bien sûr, mais aussi par le souci de l'auteure de situer géographiquement ses intrigues dans sa région, le Centre-du-Québec.

Son héroïne, la sergente-détective Judith Allison, habite Tingwick et fait partie de la police régionale d’Arthabaska, un état-major qui regroupe les MRC d’Arthabaska, de Nicolet-Yamaska et de Bécancour. Créé pour les besoins de la fiction, ce corps de police a tous les pouvoirs pour conduire des enquêtes criminelles sur son territoire.

Ce désir de positionner le polar en dehors des grands centres, vient souligner d’une autre façon l’existence d’une culture spécifique à chaque région. Par le type de crimes qui s’y commettent, le lecteur en apprend beaucoup sur la réalité sociale et culturelle des populations rurales, la conduite de l’enquête devenant le véhicule du voyage au cœur des valeurs qui nous définissent comme collectivité.

Dans le milieu des écrivains de polar, Maureen Martineau est perçue comme une des rares femmes écrivaines qui osent explorer le thriller politique. Grâce à ces dernières publications, son identité d'auteure se forge et la SSJBCQ, par la voix de sa directrice générale, Gisèle Denoncourt,  est fière de souligner les réalisations de cette femme qui fait briller à la fois la langue française et notre région.

Diane Descôteaux

Exceptionnellement cette année, les membres du jury du Prix Georges-Dor ont décidé de remettre une reconnaissance particulière à une artiste littéraire centricoise qui se distingue par ses œuvres poétiques d’un style peu commun et peut-être moins connu ici, bien qu’elle fasse voyager ses mots depuis plusieurs années bien au-delà de nos frontières.

On parle ici de poésie, mais d’une facture très particulière : le HAIKU. Qu’est-ce que les haïkus? Ce sont de petits poèmes de 17 syllabes, en 3 vers, respectivement de 5, 7 et 5 syllabes. Le haïku fut l’un des genres poétiques privilégiés de la littérature japonaise classique.

La centricoise honorée a publié quatorze œuvres, dont six au cours des 3 dernières années. Il s'agit de Diane Descôteaux.

Animation d’ateliers, conférence, lectures publiques, elle saisit toutes les tribunes pour faire connaître cette écriture poétique brève.

Ses œuvres ont été maintes fois récompensées. Depuis le début de l’année, elle a raflé pas moins de 9 prix de poésie japonisante! En France, au Japon, au Québec, en Roumanie, au Sénégal. Son palmarès géo-honorifique a impressionné le jury de la Société : Europe, Asie, Moyen-Orient, Europe de l’Est, Amérique du Nord et Afrique de l’Ouest.

Aujourd’hui, c’est chez elle, au Centre-du-Québec, que cette résidente de Notre-Dame-du-Bon-Conseil reçoit une reconnaissance particulière de la SSJBCQ pour l’ensemble de son œuvre qui fait voyager la langue de Molière aux quatre coins du globe, ce sur quoi elle s'exprime :  «Grâce au plus petit poème au monde, j’ai l’immense privilège de recevoir cette belle reconnaissance. Issu d’une tradition séculaire au Japon et popularisé au Québec dans les années 70, c’est en 2000 que je me suis approprié le haïku. Depuis, une passion sans borne pour ce genre minimaliste anime ma pratique littéraire alors qu’un attachement profond à ma langue maternelle m’incite à le faire voyager au-delà de nos frontières à travers des ateliers d’écriture ou des conférences dans la francophonie