Comment photographier soi-même ses oeuvres

Ce projet est une réalisation de

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Irina Gato, Responsable de la formation continue | Chargée de projet
Andréanne Blais, Directrice générale
Émile Joly, Responsable des projets et des communications

AUTEUR
Guy Tremblay

RÉVISION ET CORRECTION
Isabelle Gauvin

Le projet de l'Année du numérique est rendu possible grâce à la Mesure 21 inscrite
dans le cadre de la mise en oeuvre du Plan culturel numérique du Québec.

 

Introduction

Ce document accompagne une formation d’une journée. Bien que relativement complet, il ne saura remplacer totalement une formation où l’interaction du professeur, les démonstrations et la pratique peuvent aider grandement à l’apprentissage.
Cette formation de base s’adresse aux artistes et artisans qui désirent monter une documentation visuelle de leur production que ce soit pour leurs archives, la diffusion sur Internet ou l’impression de reproductions sur papier.

La majeure partie de la formation sera consacrée aux réglages de l’appareil photographique numérique dans le but d’obtenir les meilleurs résultats possibles avec un équipement d’amateur ou de professionnel et un système d’éclairage très simple.

Quelques aspects seront abordés en surface et la théorie sous-jacente ne sera pas abordée, car trop de détails risquent de confondre et de ralentir l’apprentissage. Considérant que la plupart des participants ne sont pas des photographes expérimentés, nous avons jugé que la théorie présentée dans ce cours serait amplement suffisante. La courbe d’apprentissage paraîtra abrupte pour certains, mais à la relecture de ce document et avec un peu de pratique, tout viendra naturellement.

Il est primordial d’avoir le manuel d’instruction de votre appareil en main, car les options varient considérablement entre les différents modèles de caméra, spécialement pour la « balance des blancs », aussi nommée « équilibre des blancs ».

L’installation pour la prise de vue est relativement simple : quand vous aurez trouvé la recette qui vous convient, le processus deviendra un jeu d’enfant et il ne suffira que de répéter cette recette pour d’obtenir des résultats constants et de haute qualité à chaque fois.



But de la formation

Le but de cette formation est d’obtenir des résultats professionnels avec un équipement de base et un système d’éclairage peu coûteux et de développer une méthode simple qui permettra d’obtenir un haut niveau de qualité à chaque fois. Il y a beaucoup de matière et il est conseillé de bien noter tous les ajustements, car ils seront les mêmes à chaque prise de vue surtout si les œuvres sont du même type et de dimensions semblables.

À la fin, l’artiste sera en mesure de monter rapidement une installation qui permettra de photographier ses œuvres en quelques minutes seulement. Il pourra ainsi documenter et diffuser sa production au fur et à mesure tout en se montant une archive visuelle de sa production artistique. Ces photos seront aussi essentielles lors de demandes de subventions ou de bourses.
 



Pourquoi photographier ses œuvres soi-même

Engager un photographe professionnel peut s’avérer coûteux et malheureusement, la qualité peut varier énormément d’un photographe à l’autre. Avec l’avènement de la photographie numérique, plusieurs personnes se sont déclarées « photographes professionnels » sans pour cela posséder l’expérience requise, la base technique ou encore moins la théorie nécessaire.

En réalisant vous-même vos photos, vous aurez un contrôle sur le produit final et conserverez tous les droits d’auteur. (Voir la section plus loin traitant des droits d’auteur.)

 

Quand faire appel à un photographe professionnel

S’il s’agit de photographier votre œuvre pour en faire une affiche de grande qualité ou pour faire imprimer des reproductions dans le but de les vendre en éditions limitées, il est souvent préférable de faire affaire avec un photographe qui imprime lui-même ses photos. Il aura ainsi le contrôle du processus du début à la fin et ne pourra pas blâmer un des intermédiaires si le résultat n’est pas à la hauteur. 
Il en existe d’excellents et de très professionnels : vérifiez-en les références auprès de vos connaissances,  demandez à voir des exemples avant de signer un contrat et n’hésitez pas à poser des questions sur le processus et sur l’équipement utilisé.

 

Note sur la reproduction des couleurs

La couleur d’une reproduction ne sera jamais exactement pareille à l’originale même si elle s’en approchera beaucoup. Il y aura aussi des différences entre son apparence sur écran, sur papier photo ou lorsque reproduite par une imprimerie commerciale. Elle variera aussi d’un écran à l’autre et sera différente de celle qui apparaît au dos de votre appareil. C’est pourquoi vous devez réaliser l’importance de bien régler votre appareil afin que le résultat s’approche le plus possible des couleurs originales. 
Il est cependant possible de reproduire certains types d’œuvres pratiquement identiques aux originaux. Pour cela, il vous faudra bien maîtriser la technique et les différents facteurs influençant les résultats. Avec l’avènement du numérique, il est maintenant possible d’atteindre un très haut niveau de contrôle et de faire des ajustements extrêmement précis.

Le temps investi lors de la prise de vue est le plus important. Une prise de vue bien exécutée vous épargnera un temps considérable en traitement d’image numérique.

Définir l’utilisation des photos

Vous devez identifier la destination et l’usage des photos d’œuvres d’art. Est-ce qu’il s’agit de les publier sur un site web, sur Facebook, dans un catalogue d’exposition, sur une affiche ou s’agit-il d’imprimer une édition limitée ?

Peu importe l’utilisation, il vous faut viser une qualité maximale lors de la prise de vue. Ce n’est qu’au traitement de l’image que vous réglerez la qualité. Notez que le type de caméra que vous utilisez pourrait limiter vos options pour une impression papier, mais pas pour une publication sur le web.

Définitions de termes techniques

Pour comprendre la théorie, vous devez connaître les termes employés dans la présente formation. Voici quelques définitions qui vous seront utiles.

Appareil photo numérique

Un appareil photo numérique est un appareil qui recueille la lumière sur un capteur électronique, plutôt que sur une pellicule, et qui convertit l’information reçue par ce support pour la coder numériquement. Il est muni d’un objectif photographique.

Objectif photographique

Un objectif photographique est un système optique convergent formé de plusieurs lentilles, et éventuellement de miroirs, donnant des images réelles sur la surface sensible ou le capteur de l’appareil photographique. Un objectif se caractérise en premier lieu par sa distance focale (ou sa plage de focale pour un zoom) et son ouverture maximale.

Objectif à focale fixe

C’est un objectif dont l’angle de visée ne varie pas et dont la distance focale ne change pas, par exemple : 20 mm, 28 mm, 50 mm, 85 mm. Il existe trois principaux types d’objectifs : le grand-angulaire (ou grand angle), l’objectif normal et le téléobjectif. La plupart des appareils photo viennent maintenant avec un objectif à focale variable.

Objectif à focale variable

Les objectifs à focale variable sont plus communément appelés zooms. Les avancées techniques permettent aujourd’hui d’avoir des zooms de très bonne qualité. Les zooms rendent le changement de focale possible, du grand-angle au téléobjectif.

Ouverture

L’ouverture d’un objectif photographique est le réglage qui permet d’ajuster le diamètre d’ouverture du diaphragme. Les fabricants indiquent toujours l’ouverture utile ou pleine de l’objectif, fréquemment gravée sur la partie frontale de l’objectif et indique le nombre pour une ouverture maximale du diaphragme. Plus ce nombre est petit, plus l’objectif est lumineux.

Vitesse d’obturation

Le terme « vitesse d’obturation » correspond au temps de pose. Par exemple, « 125 » signifie une vitesse de 1/125e de seconde. Le temps de pose ou durée d’exposition est l’intervalle de temps pendant lequel l’obturateur de l’appareil photographique laisse passer la lumière lors d’une prise de vue.

Sensibilité ISO

La sensibilité ISO est la mesure de la sensibilité à la lumière des pellicules et des capteurs numériques. Elle est une donnée essentielle à la détermination d’une exposition correcte. Plus le chiffre est élevé, plus la sensibilité est grande.

Longueur focale

La longueur focale, normalement représentée en millimètres (mm), est la description de base d’un objectif photographique. Ce n’est pas une mesure de la longueur réelle de l’objectif. Plus la longueur focale est grande, plus le champ angulaire est étroit et plus le grossissement est élevé. Plus la longueur focale est courte, plus l’angle de vue est large et plus le grossissement est réduit.

Profondeur de champ

La profondeur de champ correspond à la zone de l’espace dans laquelle doit se trouver le sujet à photographier pour que l’on puisse en obtenir une image que l’on acceptera comme nette. L’étendue de cette zone dépend des paramètres de la prise de vue, notamment de la distance de mise au point, de l’ouverture du diaphragme et des dimensions du capteur.

PPP (DPI) et PPP (PPI)

La mesure PPP (Point Par Pouce) ou DPI (en anglais : Dot Per Inch) est une unité de précision communément utilisée pour définir la résolution d’un scanneur ou d’une imprimante. Plus cette valeur est élevée, plus le rendu sera détaillé.

Pour un écran d’ordinateur, on utilise aussi l’abréviation PPP, mais qui signifie Pixel Par Pouce, ou PPI (en anglais : Pixel Per Inch). Comme pour le papier, plus cette valeur est élevée, plus il y aura de détails.

Résolution sur papier versus résolution sur écran

La résolution pour une photo sur papier ou sur un écran n’est pas la même. Pour un écran d’ordinateur, il ne suffit généralement que de 72 ou 96 PPP pour obtenir une image nette sans agrandissement. Sur papier, si on désire obtenir une très bonne qualité, il nous faut au moins une résolution de 300 points par pouce. Notez que la norme officielle est de 240 PPP pour une image regardée à une distance normale. En choisissant 300 PPP, vous vous assurez des données compatibles avec la plupart des imprimeurs.

Par exemple, une image de 10 pouces sur 10 pouces (25,4 cm x 25,4 cm) sur un écran ne nécessite qu’une image de 720 pixels sur 720 pixels, soit environ un demi-mégapixel. Si l’on veut imprimer cette image avec les mêmes dimensions sur papier, il nous faudra une image de 3000 pixels sur 3000 pixels, soit environ 9 mégapixels. On constate qu’une image sur un écran d’ordinateur n’a pas besoin de la même résolution que pour une impression sur papier.

Lumière naturelle versus lumière artificielle

La lumière naturelle, appelée aussi lumière du jour, correspond à l’éclairage direct ou indirect provenant du soleil. La lumière artificielle est l’éclairage qui est produit artificiellement à l’aide d’une ampoule incandescente, d’une lampe fluorescente, d’une lumière à DEL ou d’un flash électronique. Pour ces deux derniers types d’éclairages, leur température (en degré Kelvin) peut varier beaucoup.

Mise au point automatique (autofocus) versus mise au point manuelle

Presque tous les objectifs ont un mode de mise au point automatique (autofocus) qui va lui-même faire le réglage de la netteté de ce que l’on photographie. La plupart des appareils photo permettent aussi de faire la mise au point manuellement. Cette dernière option est souvent utile lorsque le sujet manque de contraste ou bien que la lumière éclairant le sujet est trop faible. Dans ces cas, il suffit de désactiver la mise au point automatique puis d’utiliser la bague d’ajustement manuelle de la mise au point.

Équipement nécessaire

Voici la liste de ce que vous aurez besoin pour photographier vos œuvres d’art. Cette liste constitue la base de tout photographe.

o  Appareil photo
o  Lumières de type « spots », projecteurs (deux, au minimum)
o  Trépied
o  Carte grise ou feuille blanche
o  Ruban à mesurer
o  Ruban adhésif de type masking tape ou duct tape
o  Niveau
o  Manuel d’instruction de l’appareil photo (toujours à portée de main)
o  Extension électrique (optionnelle)
o  Toile noire (optionnelle)
o  Posemètre (optionnel)
o  Carte de couleur (optionnelle)
o  Petit miroir (optionnel)

Installation pour œuvre bidimensionnelle

Par œuvre bidimensionnelle, on entend des peintures, des dessins, des gravures ou tout œuvre à plat. Afin de faciliter le processus, si vous avez plusieurs œuvres à photographier, il est conseillé de les regrouper par dimension semblable. Quand vous avez plusieurs pièces de la même dimension, une fois que vous avez fait vos réglages pour la première, vous n’avez qu’à la remplacer par les suivantes et les photographier sans rien changer. Vous passez ensuite au groupe d’une autre dimension, ajustez la hauteur de votre trépied et votre distance ainsi que la distance des spots. Puis recommencez la prise de vue sans changer les nouveaux réglages.


Pour des résultats professionnels, vous devez n’utiliser qu’un seul type de lumière. Si vous utilisez la lumière artificielle, assurez-vous qu’il n’y ait pas d’autres sources de lumière provenant d’une fenêtre, d’une autre pièce ou d’une autre source. Normalement, la seule source de lumière devrait provenir des projecteurs si vous travaillez en lumière artificielle : éteignez toutes les autres lumières de la pièce. Vous aurez aussi sûrement compris qu’il faut absolument désactiver le flash électronique de l’appareil.

Si vous travaillez à l’extérieur, c’est-à-dire avec la lumière naturelle, prenez garde à la lumière réfléchie par des objets colorés à proximité de l’œuvre, comme un mur avec une couleur éclatante. Cette source pourrait fausser l’uniformité de la lumière sur l’œuvre à photographier. Pour des résultats supérieurs, choisissez un endroit à l’ombre. Un mur faisant face au Nord est souvent la solution la plus simple.

Essayez de toujours placer les œuvres à une hauteur confortable pour travailler. La méthode la plus aisée, pour photographier des œuvres bidimensionnelles, est de les placer à plat sur un mur. Lorsque vous utilisez un chevalet, les œuvres épousent un certain angle qu’il faut alors dupliquer pour la caméra en changeant la hauteur de celle-ci, car l’objectif doit toujours demeurer perpendiculaire à l’œuvre photographiée. C’est pourquoi l’utilisation d’un chevalet pour supporter l’œuvre est déconseillée et que l’accrochage à plat sur un mur est beaucoup plus simple.

Pour obtenir l’éclairage le plus uniforme possible, vous devriez toujours placer vos œuvres côté le plus long à l’horizontale, même s’il s’agit d’une œuvre qui doit être normalement accrochée verticalement.

Vous pouvez vérifier si l’axe optique de votre appareil photo est perpendiculaire à l’œuvre, c’est-à-dire que le dos de votre appareil photo est parallèle à l’œuvre en utilisant un petit miroir. Pour ce faire, placez un petit miroir au centre de l’œuvre et regardez dans le viseur de l’appareil photo. Si vous voyez le centre de l’objectif dans le miroir, c’est que vous êtes bien aligné.

Installation des projecteurs (« spots »)

Lorsque vous utilisez deux lumières de type projecteurs (« spots »), vous devez les ajuster à la hauteur égale à celle du milieu de l’œuvre. Chaque spot doit pointer sur le côté opposé de l’œuvre comme indiqué à la Figure 1. Les faisceaux lumineux doivent se croiser.


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Figure 1

Les projecteurs doivent se trouver à un angle maximum de 45° par rapport au mur. Plus l’angle sera petit, plus il rehaussera la texture de l’œuvre, mais aux dépens d’une perte de luminosité. L’angle le plus efficace est d’environ 45°, cependant que les risques de reflets ou d’illumination non uniforme sont plus élevés. Pour de bons résultats, restez entre 35° et 45°. Pour des œuvres satinées ou lustrées, favorisez un angle de 35°.

La distance entre les projecteurs et l’œuvre à photographier dépendra de la puissance de ces projecteurs, de l’angle d’illumination et de la dimension des œuvres (voir Figure 2). L’intensité de la lumière est inversement proportionnelle au carré de la distance et c’est pourquoi il faut éviter de placer les projecteurs à une trop grande distance des œuvres, au risque de manquer de lumière. Si vous placez vos projecteurs trop près de l’œuvre, il sera très difficile d’obtenir une lumière uniforme. Par ailleurs, notez que la variation de la distance entre la caméra et l’œuvre n’a pas d’influence sur la luminosité de cette dernière.


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Figure 2

Pour de grandes œuvres, il est préférable d’utiliser quatre projecteurs. Lorsque vous travaillez avec quatre projecteurs, placez-les de chaque côté de l’œuvre comme précédemment, mais deux projecteurs avec une hauteur plus basse que l’œuvre et deux autres avec une hauteur plus haute. Encore une fois, les faisceaux de lumière doivent se croiser, mais cette fois-ci, le projecteur inférieur droit pointera vers le coin supérieur gauche de l’œuvre tandis que le projecteur supérieur droit pointera vers le coin inférieur gauche de l’œuvre. Répétez l’opération pour les projecteurs de gauche, afin qu’ils pointent vers le côté droit de l’œuvre.

Vous pouvez vérifier l’uniformité de l’illumination en utilisant un simple crayon. Placez un crayon perpendiculairement au centre de l’œuvre et vérifiez la densité des deux ombres. Normalement, l’ombre à gauche du crayon sera identique celle de droite. Vous pourriez noter une différence d’intensité lumineuse, même si les projecteurs sont bien positionnés. Pour corriger cette situation, ajustez la distance entre un des projecteurs et l’œuvre pour rétablir l’équilibre d’illumination.

Il existe plusieurs systèmes d’éclairage à des prix variés. Vous trouverez chez votre détaillant d’équipement photographique différents modèles de projecteurs et de supports. Mais si vous ne désirez pas investir dans ce type d’équipement, vous pourriez trouver en quincaillerie des projecteurs munis d’une pince que vous pouvez fixer sur un dossier de chaise ou tout autre support improvisé. Si vous choisissez cette solution, assurez-vous que le projecteur puisse accueillir des ampoules d’une puissance d’au moins 150W (exemple Figure 3).

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Figure 3

Photographie d’œuvre sous vitre

Si vous devez photographier une œuvre dans un cadre muni d’une vitre, il faudra porter une attention particulière aux réflexions. Si vos projecteurs sont à un angle de 45° ou moins, vous ne devriez pas voir leur réflexion à moins que votre appareil photo ne soit trop proche de l’œuvre à photographier. En reculant un peu et en augmentant la longueur focale, vous réglerez le problème. Par contre, si le reste de la pièce est trop éclairé, vous risquez de voir apparaître l’image d’objets, tels que l’appareil photo ou le trépied, se réfléchissant dans la vitre. Vous pouvez éliminer ce risque en vous assurant que la caméra et le reste de la pièce se trouvent complètement dans la pénombre. Si cela s’avère impossible, utilisez une grande toile noire percée d’une petite ouverture pour y laisser passer l’objectif de la caméra que vous placerez devant l’appareil photo. C’est la façon la plus sûre pour éviter toute réflexion parasite.


Installation pour œuvre tridimensionnelle

Par œuvre tridimensionnelle, on entend des objets tels que des sculptures, des bijoux, des poteries, etc. Pour la photographie des objets de dimensions modestes, la construction d’un mini studio permet d’obtenir d’excellents résultats. La photo de la Figure 5 fut obtenue à l’aide du mini-studio de la Figure 4.


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Figure 4

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Figure 5

Construction d’un mini-studio

Il est facile de vous monter un petit studio qui vous permettra d’obtenir des résultats très professionnels et constants d’une fois à l’autre. Ce montage est idéal lorsque l’on veut monter un catalogue d’objets.

Matériel nécessaire :

o  Boîte de carton 16 x 16 x 15 pouces (environ 2,50 $)

o  Film à dessin 24 x 36 pouces (environ 6.50 $)

o  Carton blanc (130 lb) 20 x 26 pouces ou plus grand (environ 2.50 $)

o  Ruban adhésif (duct tape)

Marche à suivre :

Faites deux ouvertures d’environ 12 x 12 pouces sur les côtés opposés de la boîte et collez-y par les bords deux feuilles à dessin d’environ 14 ½ x 14 ½ pouces à la place des ouvertures. Ce film à dessin sert à diffuser uniformément la lumière. Vous pouvez aussi faire une ouverture sur le dessus de la boîte (absent de la photo) afin d’éclairer le dessus de l’objet, si nécessaire.

Au fond de la boite, installez la feuille de carton blanc d’environ 15 ½ x 36 pouces, laquelle sera collée à l’extrémité du haut et du bas seulement. Laissez une petite courbe au fond pour le faire disparaître de la photo.


Photographie de pièces de plus grande dimension

Pour l’éclairage des œuvres de plus grandes dimensions vous pouvez utiliser un système de lumières munies de parapluies spécialement conçus pour la photographie de studio. Ceux-ci vous permettront de bien diffuser la lumière. Dans certains cas, il suffit de pointer les projecteurs au plafond (s’ils sont blancs) pour obtenir une lumière uniforme et enveloppante.


Réglages de la camera

La compréhension et l’application des réglages de l’appareil photo afin d’en tirer le maximum sont des éléments fondateurs de cette formation. Le but est d’obtenir les meilleurs résultats possibles, même s’ils dépassent le besoin initial (par exemple, pour la photo sur le web). Les photos que vous ferez serviront d’archives visuelles à votre production artistique. Elles seront la trace de vos œuvres si elles sont vendues. Notez qu’il est toujours possible de réduire la taille ou la qualité d’une photo, alors que l’inverse est souvent impossible. Chaque réglage sera donc abordé individuellement, car chacun a son importance.


Réglage de la sensibilité ISO

Pour ce type de travail, il faut toujours régler la valeur de la sensibilité ISO au plus bas. Plus elle est basse, meilleure sera la qualité. Normalement, vous devriez être en mesure de la régler à la valeur 100. Certains modèles de caméra peuvent aller jusqu’à 80 alors que d’autres ne peuvent pas descendre en bas de 200.


Qualité et dimension ou compression des fichiers

Selon les marques d’appareil photo, ces réglages peuvent être identifiés par le nombre de mégapixels, le degré de compression du fichier ou la qualité. Ici, il faut aller chercher les valeurs maximums de qualité. Le seul inconvénient des fichiers de qualité maximale est le grand espace requis sur la carte mémoire.

La dimension des fichiers peut être indiquée en mégapixels ou selon le nombre de pixels en hauteur et en largeur. Par exemple, un fichier de 7 mégapixels mesurera 3 072 x 2 304 pixels; un fichier de 16 mégapixels mesurera 4 592 x 3 448 pixels). Choisissez toujours la dimension maximale que vous offre votre appareil.

La compression des fichiers peut être classifiée par les termes super haute qualité (SHQ),haute qualité (HQ) ou normale (SQ). Les termes Fine et Standard sont aussi employés, de même que G (grand), M (moyen) ou P (petit). Retenez ici que vous devez choisir la meilleure qualité (plus grand nombre de pixels) et la compression la plus faible. Notez que ces réglages ne s’appliquent pas au format RAW, mais seulement au format JPEG.


Format du fichier

Selon le type d’appareil photo, vous avez la possibilité d’enregistrer vos photos dans différents formats. Le format le plus commun est le format JPEG. Avec l’avancement technologique des dernières années, le format JPEG peut s’avérer amplement suffisant pour vos besoins.

Le format TIFF est disponible sur certains appareils photo. Ce format est qualifié de lossless, c’est-à-dire qu’il n’y a pas de perte de qualité lorsque vous sauvegardez votre fichier à plusieurs reprises ni de compression pouvant réduire la qualité de l’image ou créer des artéfacts indésirables.

Le format RAW est, comme son nom l’indique, un format de données brutes. Ce sont les données brutes provenant du capteur sans aucune modification, compression ou amélioration comme c’est le cas avec le format JPEG. Ces données ne peuvent pas être utilisées telles quelles, elles s’adressent surtout à des photographes ayant une expertise dans le traitement des images. Si vous utilisez les données en format RAW, vous devez les ajuster par la suite à l’aide d’un logiciel spécialisé ou de celui fourni avec votre caméra. Ces fichiers contiennent beaucoup plus d’information que leur version en format JPEG. Dans les mains d’un expert, la qualité qui peut être obtenu de ces fichiers est supérieure à celle d’un fichier enregistré directement en format JPEG sur la carte mémoire et ce, même si l’image sera finalement sauvegardée en format JPEG ou TIFF par la suite. Si votre appareil photo vous permet d’enregistrer le format RAW et JPEG simultanément, il est conseillé de le faire, même si vous ne comptez pas utiliser la version en format RAW pour l’instant, car ce format est  équivalent au négatif de la photo analogique (sur pellicule). Vous pourrez toujours y revenir, advenant le cas où la qualité du format JPEG serait insatisfaisante. Notez que chaque compagnie a son propre format RAW et certaines compagnies vont même jusqu’à proposer différentes versions de format RAW.

Il est important de noter que les images en format RAW apparaîtront légèrement floues comparées aux images en format JPEG. C’est normal, car aucune manipulation ni amélioration n’a été faite par le programme interne de l’appareil. Il faudra donc ajuster la netteté par la suite dans un programme tel que Photoshop ou Gimp. Un fichier en format RAW doit toujours être retravaillé par la suite.

Il existe aussi le format DNG qui est moins répandu, mais tout aussi excellent. En général les gens préfèrent le format JPEG pour le web et TIFF pour des fichiers de haute qualité.

Mode de l’appareil

Il existe plusieurs modes de fonctionnement pour un appareil. Les plus simples n’ont que les modes P (Program), Auto (Automatic) et SCN (Scènes). Il peut exister aussi d’autres variations dites « intelligentes » selon la marque du fabricant. Pour les modèles plus avancés, il y a les modes priorité à l’ouverture A ou Av (Aperture ou Aperture value), priorité à la vitesse S ou TV (Speed ou Time value), M (Manuel), ainsi que des modes que vous pouvez personnaliser.

Le mode privilégié pour la photographie d’œuvre d’art est sans contredit le mode de priorité à l’ouverture (A ou Av). Nous verrons plus loin pourquoi ce mode est le mieux adapté pour la reproduction d’œuvres d’art. De plus, l’utilisation de l’option de correction d’exposition « +/- » dans ce mode permet d’ajuster l’exposition avec précision.

Si vous n’avez pas le mode A sur votre appareil, il faudra se contenter du mode P (Program). Le mode Auto n’est pas conseillé, car il est trop limitatif et fonctionne difficilement pour des œuvres foncées ou pâles.


Choix de la focale et de l’ouverture

La plupart des objectifs livrés avec la caméra possèdent des objectifs à focale variable (zoom). Les objectifs à focale fixe sont en général de qualité supérieure aux objectifs de focale variable. Par contre, avec les progrès technologiques en optique, cette différence en qualité s’amenuise et, dans plusieurs cas, est maintenant négligeable.

Un objectif à focale variable n’est malheureusement pas aussi performant à toutes les focales. Généralement, on en tire la qualité maximum en termes de résolution et de réduction des différentes aberrations à la focale médiane. Par exemple, avec un zoom 28-70 mm, on choisirait une focale aux alentours de 50 mm. Cette règle n’est pas absolue, mais fonctionne dans la grande majorité des cas. Évitez d’utiliser les longueurs focales extrêmes, tant grand-angle que téléobjectif. Cette règle s’applique surtout pour la photographie des œuvres bidimensionnelles. Pour ce qui est de la photographie des œuvres tridimensionnelles, la règle est plus souple.

Lorsque la caméra est en mode A, « Priorité à l’ouverture », fermez d’environ deux crans l’ouverture. Si l’objectif est très lumineux, par exemple f 1.4, on peut aller jusqu’à trois ou quatre crans, ce qui donne f 5.6. En gros, l’objectif à pleine ouverture n’offre pas la meilleure résolution et peut créer des aberrations tandis qu’une ouverture minimale (par exemple : f 22) générera de la diffraction qui réduira le contraste et la définition.


Méthode de mesure de la luminosité

Vous pouvez ajuster la méthode de mesure de la luminosité de votre appareil pour obtenir une lecture plus précise. Même si chaque méthode a ses avantages, la plus simple pour la photographie d’œuvre est la méthode dite « Pondérée au centre », car elle favorise la lecture au centre de l’image, là où se trouve l’œuvre à photographier.

Dans le cas de la photographie d’objet de petite taille dans des conditions d’éclairage similaires à celles retrouvées dans un mini-studio (mentionné plus haut), la méthode dite « Ponctuelle » peut donner de meilleurs résultats, car elle ne mesure qu’une petite surface au centre de l’image.

L’option de correction d’exposition, « +/- », permet de raffiner la mesure de la luminosité. Lorsque l’appareil mesure la luminosité du sujet, celui-ci est calibré pour une exposition moyenne équivalant à l’intensité d’un gris moyen. Cela signifie qu’une peinture ayant seulement des teintes très pâles sera rendue de façon plus foncée. Et c’est aussi vrai à l’inverse pour une toile avec des teintes plutôt foncées, celle-ci apparaîtra trop pâle. L’appareil ignore s’il s’agit d’un sujet devant foncé ou pâle, car la mesure prise automatiquement recherche une exposition moyenne.

Pour contrôler la luminosité, utilisez donc la touche « +/- » sur votre caméra. Sur la plupart des appareils photo, vous pouvez faire des ajustements de plus ou moins deux ou trois arrêts sur des valeurs intermédiaires. Lorsque vous n’êtes pas certain de l’exposition, dans le cas par exemple d’une toile aux couleurs très contrastées, vous pouvez faire ce que l’on appelle du bracketing. Prenez, par exemple, une photo en ajustant la touche « +/- » à -1, puis à 0 et finalement à +1. Vous aurez ainsi le choix de la meilleure exposition lorsque vous ferez votre traitement d’image. En résumé, si vous devez éclaircir l’image, utilisez les ajustements positifs; si vous devez l’assombrir, choisissez les ajustements négatifs. Sur beaucoup d’appareils photo, il existe une fonction automatique de bracketing. Cette option pourrait vous être utile, surtout au début, si vous n’êtes pas encore confortable pour régler de façon précise vos paramètres d’exposition (vitesse et ouverture).

Lorsque vous aurez acquis plus d’expérience, vous pourrez utiliser une « carte grise(1) » et la mesure spot pour mesurer la luminosité de celle-ci. Une fois la lecture faite, elle ne devrait plus changer, peu importe si votre œuvre est foncée ou pâle, tant que votre éclairage demeure inchangé. Il faudra peut-être placer votre appareil photo en mode manuel afin que la vitesse et l’ouverture ne varient pas. Comme pour la mesure de la balance des blancs, la carte grise doit être placée exactement au même endroit que votre œuvre.

(1) Un sujet moyen réfléchit 18 % de lumière. Les posemètres des appareils photo sont étalonnés afin de donner une mesure précise pour un sujet moyen réfléchissant 18 % de lumière. La compagnie Kodak fabrique une carte grise qui est en fait un carton 8 x 10 pouces, gris d’un côté et blanc de l’autre.

 

Balance des blancs

Savoir faire la balance des blancs (aussi appelé « équilibre des blancs ») est primordial pour photographier des œuvres d’art. Il existe des préréglages pour les conditions d’illumination les plus courantes tel qu’indiqué dans le tableau suivant :


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Afin d’obtenir des résultats professionnels, il est préférable d’établir cette balance des blancs manuellement. Si votre caméra ne le permet pas, vous avez deux options. Vous pouvez soit utiliser un éclairage incandescent (aussi appelé tungstène) ou bien travailler en mode automatique, en prenant bien soin d’inclure une bonne surface blanche dans la photo.

La façon de régler soi-même la valeur de la balance des blancs varie d’une caméra à l’autre : référez-vous alors à votre manuel d’instruction pour en connaître les détails. Le principe demeure sensiblement le même d’un appareil à l’autre : avec votre appareil photo, visez une surface blanche (ou grise) en prenant bien soin de ne pas inclure des éléments colorés. Cette surface blanche doit être placée exactement sous les mêmes conditions d’éclairage que l’œuvre photographiée. La méthode la plus facile consiste à substituer une feuille blanche à l’œuvre pour faire la balance des blancs. Une fois cette balance des blancs réglée, elle restera la même pour toute la prise de vue si l’éclairage n’est pas modifié. Si vous utilisez un éclairage de type fluorescent, allumez vos projecteurs au moins cinq minutes d’avance, le temps que la lumière se réchauffe et que sa couleur se soit stabilisée.

Autres réglages

Il existe d’autres réglages sur votre appareil photo tel que l’espace couleur (sRGB ou Adobe RGB). Si vous êtes habitué de travailler sur Photoshop, choisissez Adobe RGB, sinon il est préférable d’utiliser sRGB.

Vous pouvez régler des paramètres comme le mode de l’image, lequel offre des choix comme Naturel, Portrait, Paysage, Couleur vive, Standard, etc. Si vous voulez obtenir les couleurs les plus fidèles, réglez ce paramètre sur Normal ou Standard. L’appellation peut varier d’une marque d’appareil photo à une autre. Les modes comme Portrait ou Paysage peuvent fausser les couleurs.

Concernant les paramètres de contraste, de netteté, de saturation et de luminosité, il faut les laisser à la valeur par défaut qui est généralement « 0 ». Il est préférable de faire ces ajustements plus tard, si nécessaire, dans un logiciel de traitement d’image.



Trépied et réduction de vibration

L’utilisation d’un trépied est essentielle pour la reproduction d’œuvre d’art. Si votre appareil photo ou votre objectif est muni d’un système anti-vibration, il faut le désactiver quand vous travaillez avec un trépied.

Si vous utilisez un trépied qui n’est pas aussi stable que vous le désirez ou si le temps d’exposition est assez long, utilisez le déclencheur à retardement sur votre appareil (si vous ne possédez pas de déclencheur souple ou télécommandé). Un trépied de bonne qualité restera toujours un des meilleurs investissements en photographie : il vous durera toute la vie.

Un dernier conseil : prenez plus d’une photo par œuvre au cas où un fichier serait corrompu sur votre carte mémoire.


Filtre polarisant

Utilisez un filtre polarisant si l’œuvre à photographier est particulièrement brillante. Il peut même s’avérer nécessaire d’installer des filtres polarisants sur les projecteurs et sur l’objectif. Cette technique ne sera pas couverte en détail dans la présente formation, car elle s’adresse à des photographes spécialisés. Vous pouvez trouver le l’information à ce sujet sur le web.

Prise de vue d’œuvre bidimensionnelle

En général, le système de mise au point automatique (autofocus) de votre appareil photo sera en mesure de vous offrir une mise au point parfaite. Il peut arriver que pour certaines œuvres qui ne comportent pas de détails, la mise au point ne puisse pas se faire. Dans ce cas, vous pouvez choisir de la faire manuellement ou bien d’utiliser une simple feuille de papier avec une croix tracée au centre et de l’apposer sur la surface de l’œuvre pour faciliter la mise au point. Lorsque la mise au point est réussie, vous n’avez qu’à retirer la feuille avant de presser le déclencheur au complet. (Il se peut que vous ayez besoin d’une tierce personne pour tenir la feuille si la caméra est trop éloignée de l’œuvre.)

Lorsque vous photographiez une œuvre, il y a peu de chance que les proportions de l’image dans le viseur soient les mêmes que celles de l’œuvre. C’est pourquoi vous devez laisser suffisamment d’espace autour de l’œuvre afin de la recadrer plus tard dans un logiciel de traitement d’image. Cet espace laissé autour de l’œuvre est avantageux puisque la meilleure qualité de l’image se retrouve au centre. Évitez toutefois de laisser trop d’espace : vous risqueriez alors de n’utiliser qu’une petite partie du capteur de votre appareil, ce qui aurait pour effet de réduire le nombre de pixels effectifs dans l’image finale. Laissez au moins 10 % de l’image autour de l’œuvre. Vous pouvez utiliser cet espace pour y placer une carte de calibration de couleur qui vous aidera à faire des ajustements mineurs avec votre logiciel de traitement d’image.

N’oubliez pas de vérifier que votre appareil photo est bien à niveau et perpendiculaire à l’œuvre. Si vous négligez ce détail, vos œuvres apparaîtront déformées dans la photo.


Prise de vue d’œuvre tridimensionnelle

Quand vous utilisez le mini-studio, vous n’avez qu’à placer deux projecteurs de chaque côté de la boîte. La lumière sera diffusée par les films à dessins. Si vous utilisez des lumières incandescentes puissantes (ex : 500W), vérifiez que la chaleur n’est pas trop forte, pour éviter d’endommager les films. En modifiant la distance entre les projecteurs et la boîte, vous pourrez faire varier l’intensité de la lumière sur chacun des côtés de façon autonome. Vous pouvez aussi éclairer l’objet sur le dessus si votre boîte est munie d’une ouverture sur le dessus.

Comme la plupart des objets photographiés de la sorte sont entourés d’une grande surface blanche, il faut souvent utiliser la mesure spot au lieu de la mesure pondérée centrale pour ajuster le mode d’exposition et se servir de la touche « +/- » pour augmenter légèrement l’exposition. Attention : ce n’est que lorsque vous visualiserez vos images à l’écran d’ordinateur que vous pourrez mieux juger de la bonne exposition, c’est pourquoi le bracketing est fortement conseillé pour ce genre de prise de vue.

Pour la photographie d’objet, le choix de la focale n’est pas aussi impératif qu’en prise de vue bidimensionnelle. Il en va ainsi pour le choix de l’ouverture.

Pour les prises de vue rapprochées sur de petits objets, il faut généralement fermer l’ouverture de plusieurs crans pour augmenter la profondeur de champ. Sachez que plus la longueur focale est grande et que la distance entre la caméra et l’objet à photographier est petite, moins la profondeur de champ sera grande. Avec une grande ouverture et une distance focale trop longue, la netteté de l’image risque d’en souffrir.

Notez aussi que lorsque vous faites le cadrage et la mise au point, l’ouverture de votre objectif est au maximum. Ce n’est que lors du déclenchement que l’ouverture se referme pour un court instant à la valeur présélectionnée. C’est pourquoi il faut toujours vérifier la netteté sur la photo prise et non pas lors de la visée où l’ouverture est au maximum et par conséquent la profondeur de champ au minimum.

Utilisation d’un numériseur (scanneur)

Bien que cela ne fasse pas partie de la présente formation, sachez qu’il est possible d’utiliser un numériseur pour reproduire de petites œuvres. La qualité obtenue avec un bon numériseur peut être excellente et même dépasser ce qu’il est possible d’obtenir avec une caméra. Il faut toutefois ajuster les différents réglages avec soin. Il existe beaucoup de documentation sur le web à ce sujet.


Classification des données et archivage

Il est important de bien classifier vos photos dans un système simple où il vous sera facile de vous y retrouver dans plusieurs années. Le système de classification de vos photos doit suivre une certaine logique et une façon qui peut vous aider à vous y retrouver est d’inclure la date dans le nom des répertoires que vous créerez.

Idéalement vous devriez importer vos images dans un répertoire où vous n’y toucherez jamais, sauf pour les copier dans un autre répertoire où vous y ferez vos modifications et améliorations.

Avoir un système de sauvegarde est très recommandé. Les manières de faire sont multiples pour conserver vos  archives et elles ne seront pas couvertes dans la présente formation, mais si votre système de classification est rigoureux et suit une logique, vous devriez vous y retrouver dans plusieurs années sans aucun problème.


Traitement des données

Le travail effectué lors de la prise de vue est l’étape la plus importante lorsque l’on fait de la photographie d’œuvre d’art. Il n’en reste pas moins qu’un effort supplémentaire devra être déployé lors du traitement dans un logiciel de traitement d’image tel que Photoshop Element ou Gimp.

Cela inclut des ajustements tels que :

o  Rognage
o  Retouche des imperfections
o  Ajustement de la couleur
o  Ajustement du contraste
o  Ajustement de la dimension
o  Sauvegarde
o  Ajustement de la netteté

Le traitement d’image nécessite une formation en soi et dépasse le but du présent document. Sachez que même s’il existe un nombre imposant d’excellents tutoriels sur le web, vous gagnerez un temps précieux en participant à une formation sur le traitement d’image.

Avoir des habiletés avec un logiciel de traitement d’image est un réel avantage depuis la venue des technologies numériques dans les arts : une formation dans ce domaine doit être considérée comme un investissement.

 

Publication et droits d’auteurs

Les droits d’une photographie appartiennent au photographe, même dans le cas des photographies d’œuvres d’art. Alors, à moins que ce ne soit stipulé dans votre contrat avec le photographe, même si l’œuvre photographiée est la vôtre, vous n’avez pas les droits d’auteur sur la photo.

Si vous voulez publier une photo de votre œuvre dans une revue, vous devrez en payer les droits au photographe. Il en va de même si votre œuvre est utilisée pour la pochette d’un CD. Cela peut paraître ridicule à priori, mais c’est la loi. Assurez-vous donc d’obtenir par écrit tous les droits d’auteurs sur vos photos d’œuvres si vous faites affaire avec un photographe professionnel.

Si vous photographiez vous-même vos œuvres, vous avez automatiquement tous les droits d’auteurs.



Conclusion

Avec cette formation, vous devriez être en mesure de réussir des reproductions de qualité. Vous pouvez compléter vos connaissances en consultant des tutoriels sur le web. La qualité et les techniques varient un peu, mais la base demeure la même.

Si vous suivez bien les consignes indiquées dans ce document, vous devriez être en mesure de produire des photos d’œuvres d’art de qualité professionnelle et de conserver une trace de votre production artistique.