Faites connaissance avec Denys Bergeron

Littérature

Présentation

Sans le savoir, dans mon enfance, j’avais fait provision de visages, de silhouettes, de paroles. Une image, une manie, une anecdote m’avaient frappé. Tout cela a fermenté, a vécu d’une vie secrète.

Aujourd’hui, je m’amuse à recueillir ces grands morceaux de temps rebâtis dans ma mémoire. Mais les souvenirs d’enfance — tout comme les rêves —, ne connaissant ni le temps ni la logique, reviennent à leur fantaisie, en désordre parfois.

Parviendrai-je jamais à redonner la vie à tout ce passé auquel je retourne un peu comme dans un grenier à images? À treize ans, je croyais, en quittant mon patelin, que je m’en libérerais alors que mes frères y crèveraient. Eh bien! le sort s’est fiché pas mal de moi. Une fois à la retraite de ma carrière d’enseignant, j’y suis retourné m’abreuver, me saouler de ses mystères, de ses symboles.

Quand, à force de fouiller, je défais le chemin qui mène aux raisons fondamentales qui m’ont, un jour, convaincu d’écrire, je ne peux pas évincer la véritable coupable, cette enfance qui me colle aux fesses et me mord les talons, cette enfance trop tôt écourtée hélas! Qu’on imagine : j’ai treize ans et je m’enfourne dans un pensionnat anonyme. Une sorte de cloître. Quand j’y pense...