Victoriaville a maintenant son oeuvre identitaire

23 juin 2016

Les habitués du parc Terre-des-Jeunes remarqueront l'arrivée d'un nouveau pensionnaire tout près de la rivière. C'est que l'œuvre identitaire «Être ici c'est…» s'est installée et a été inaugurée jeudi matin.

L'installation participative est un projet citoyen initié par la Ville de Victoriaville et la MRC d'Arthabaska. Il s'agit de la troisième œuvre du genre à être réalisée dans la MRC (après Notre-Dame-de-Ham et Sainte-Clotilde-de-Horton). Elle est le fruit de plusieurs rencontres où les citoyens de Victoriaville ont été invités à être partie prenante de tout le cheminement de création.

C'est Robert Hamel qui est l'artiste responsable de l'œuvre faite de bois, de métal et d'impression sur vinyle. On lui doit aussi la fontaine du Jardin des rendez-vous au coin de l'École du meuble et de l'ébénisterie. Mais pour cette œuvre, l'artiste était davantage au service des citoyens qui, eux, ont fait la réflexion sur les thèmes à introduire dans la sculpture. «C'est une expérience unique au Québec, un beau voyage dans le processus de création d'une œuvre identitaire», a noté la chargée de projet Reine Bouthat.

En effet, plutôt que de demander à l'artiste de présenter une idée et ensuite demander l'aide des gens, c'est le contraire qui s'est produit pour ce projet.

À partir d'un questionnaire auquel 200 citoyens ont répondu l'an dernier, des idées et des thèmes ont été proposés et cinq ont finalement été retenus : dynamisme (de la communauté qu'on peut voir à travers les activités et projets novateurs), accessibilité (et proximité des services), vie culturelle, environnement et humanisme (accueil des gens, vie communautaire et sécurité).

Un atelier de peinture a ensuite été réalisé et les œuvres crées à ce moment ont été utilisées pour les trois disques insérés dans la sculpture et qui viennent représenter les thèmes adoptés. Ne restait alors qu'à réaliser l'œuvre (tournage assemblage, etc.) et à inaugurer le tout.

L'artiste Robert Hamel a expliqué qu'il était très heureux du résultat et de voir l'œuvre s'installer dans un lieu magnifique où elle pourra créer des instants de réflexion.

Il a souligné que les trois sculptures avaient été installées sur une dalle de béton un peu difforme puisqu'elle représente un plan de la ville de Victoriaville (et respecte les points cardinaux). «Une structure porteuse de l'énergie de Victoriaville», a-t-il précisé. On retrouve ensuite plusieurs couleurs, les trois formes circulaires puis les têtes qui pointent vers le ciel, «qui représentent bien la fierté de rester à Victo».

Pour sa réalisation, l'artiste a utilisé des matériaux recyclés, d'autres certifiés écologiques et provenant d'une distance restreinte. Puisqu'il s'agit d'art libre, des techniques anciennes (tournage du bois), tout comme d'autres ultra-contemporaines (coupe au laser), ont été privilégiées.

L'œuvre se veut un projet de création impliquant les gens de Victoriaville. C'est aussi un moyen de favoriser la rencontre entre les citoyens et l'art. D'ailleurs, certaines personnes qui ont participé au processus étaient présentes à l'inauguration. C'est le cas de Lina Ross qui s'amusait à chercher, dans les trois cercles, des parties des quelques dessins faits lors de l'atelier de peinture. «L'œuvre répond vraiment à ce qu'on avait discuté. Je me reconnais là-dedans», a-t-elle apprécié. Mme Ross a bien aimé la liberté de création qu'on a laissée aux participants dans le processus. «Le travail avec les dessins est spectaculaire», a-t-elle ajouté.

Il s'agit d'un projet total estimé à 10 000 $ (qui inclut tous les frais et même un documentaire de Frédéric Metthé qu'on pourra voir cet automne) rendu possible grâce à l'Entente de développement culturel avec le ministère de la Culture et des Communications du Québec. Sur une plaque, devant l'œuvre, on retrouve les mots de l'artiste : «Les pieds enracinés dans la Terre-des-Jeunes. Gonflés d'énergies collectives. Un mouvement communicatif se métamorphose en images créatives. Être».

Deux autres municipalités de la MRC se lancent actuellement dans le processus de création d'une œuvre identitaire. Il s'agit de Chesterville et de Saint-Norbert-d'Arthabaska.

Source : La Nouvelle Union