Promenade au cœur des installations sonores : pour voir la musique

16 mai 2017

C'est parti pour le 33e Festival international de musique actuelle de Victoriaville (FIMAV). Depuis lundi et jusqu'au 21 mai, les visiteurs peuvent apprécier les sept installations sonores qui se sont intégrées au paysage de Victoriaville.

Le commissaire Érick D'Orion, en faisant le tour lundi matin, a indiqué que c'était l'année des premières pour ces installations. Notamment parce que la majorité (six sur sept) ont été créées spécialement pour le FIMAV, mais aussi elles ont été pensées selon un endroit précis, assigné d'avance. On remarque aussi que des six artistes choisis, quatre sont des filles, une autre première.

Le circuit prend son départ de la bibliothèque municipale Charles-Édouard-Mailhot, où Martine H. Crispo a installé sa «Fantaisie électrique». Le visiteur, plongé dans le noir, voit des appareils qui viennent transformer la lumière en son. Une expérience qui ressemble beaucoup à ce que propose le cinéma.
Deuxième arrêt derrière la bibliothèque (à l'agora) où Gambletron propose «Circles : Emanations-Sephirot transmission». L'œuvre est constituée par des radios, sous des cloches, installés en cercle avec un émetteur dans un coffre de bois et une antenne faite de branches d'arbres au milieu. L'artiste a composé de la musique qui est relayée aux radios par Internet. Au cours de la semaine, des entrevues seront réalisées avec différents artistes du FIMAV et transmises par ce moyen de communication ancien.

Aux abords de la piste cyclable, le Théâtre Rude Ingénierie a planté «Le pic pierre». Une ingénieuse machine qui martèle un disque de matière minérale avec un pic, formant ainsi des petits trous dont les résidus sont ensuite nettoyés par un pinceau avant d'être lus par une tête de «scanner». S'en suit une musique modulée. L'installation est très ludique, voire sympathique. Le passant sera fasciné par le travail du pic et du pinceau et tout le nécessaire placé autour pour assurer le succès de la tâche.

Il faut ensuite voir l'œuvre de Sonia Paço-Rocchia qui a trouvé sa place au kiosque à musique. Constituée de tuyaux qui résonnent selon une impulsion, l'installation offre une composition générative et interactive. Cette même artiste se retrouve également au Centre d'art Jacques-et-Michel-Auger du Carré 150. À cet endroit, elle a utilisé des bols, des ballons et surtout des «slinkies» comme élément résonateur. Des senseurs font activer les différentes pièces lors du passage des visiteurs. Une installation aux allures spectrales très ludique lorsqu'il y a plusieurs personnes en même temps.
Le terrain de pétanque, derrière la Vélogare, accueille «Alouette III» d'Émilie Mouchous. L'artiste originaire des Hautes Pyrénées (qui habite le Québec depuis une douzaine d'années) en est à sa première installation sonore et a voulu rendre hommage au satellite canadien Alouette. «C'est le premier à être mis en orbite qui n'est pas russe ni américain», a-t-elle expliqué.
Cette installation émet des sons issus de circuits intégrés dans la boîte en bois. Un panneau solaire alimente la moitié des circuits en question. Le visiteur voudra, comme le suggère l'artiste, approcher son oreille de l'œuvre afin d'entendre mieux sa sonorité. «Il est actif 24 h sur 24», ajoute-t-elle.
Une belle expérience pour l'artiste qui veut faire de plus en plus d'art sonore. Elle espère aussi être en mesure de faire voyager son œuvre présentée à Victoriaville en première mondiale.
La Vélogare accueille la dernière œuvre du circuit, celle de Félix-Antoine Morin, intitulée «Stichomythie». Encore une fois, des senseurs démarrent l'œuvre lorsque les visiteurs se présentent. Deux grands ventilateurs s'activent alors à des vitesses différentes et une dizaine de micros amplifient la musique qui en sort.
En plus des premières et des femmes artistes en majorité, il faut retenir de ce circuit, des installations sonores du FIMAV, un regard sur le passé, comme l'indique Érick. «On est dans le techno, mais pas tant que ça», ajoute-t-il.
Commissaire depuis sept ans maintenant, Érick D'Orion estime que le circuit a pris sa place. «Pour plusieurs, c'est devenu une habitude de venir voir ça. Les jeunes embarquent tout de suite et, depuis deux ou trois ans, les bénévoles n'ont plus d'anecdotes cocasses à raconter», ajoute-t-il.
Les groupes sont entre 35 et 40 à réserver une visite cette année. Parmi eux, plusieurs écoles, des CPE, une résidence pour personnes âgées et même une entreprise. Les artistes ont tous prévu de venir sur les lieux au moins une fois pendant la semaine. D'ailleurs, ils devraient faire de la médiation le vendredi, samedi et dimanche entre 13 et 16 h. Une occasion d'aller les rencontrer et de les entendre raconter leur œuvre sonore.
Il faut aussi noter qu'Atoll ne propose pas d'œuvre en ces murs comme c'était le cas depuis quelques années. Toutefois, l'organisme culturel participe quand même financièrement à une installation, celle d'Émilie Mouchous.

Source : La Nouvelle Union