Les Marcheuses annoncent le Printemps… de l'art contemporain

6 avril 2016

Ce sont les œuvres de la Warwickoise Monique Verville qui accueillent depuis peu les visiteurs du Musée de l'Hôtel des postes de Victoriaville. En effet, l'exposition intitulée Les marcheuses y est présentée jusqu'au 22 mai dans le cadre du Printemps de l'art contemporain.

L'artiste multidisciplinaire est très heureuse que son dossier ait été retenu et qu'elle puisse présenter ses nombreuses oeuvres dans cette exposition. Monique Verville est en constante exploration artistique et a choisi, avec le directeur du musée Richard Pedneault, plusieurs collages et encaustiques semi-abstraits, la majorité réalisés sur différents papiers.

C'est le résultat des trois dernières années de création (en partie du moins) qui se retrouvent sur les murs et au centre du rez-de-chaussée de l'Hôtel des postes.Les Marcheuses, c'est en fait une chronique d'un voyage imaginaire qui met en vedette les six marcheuses (les toiles en noir et blanc) et leur environnement (les autres œuvres autour). «J'ai vécu de grands deuils depuis trois ans», confie l'artiste. De là les marcheuses en noir et blanc. En effet, l'artiste a l'habitude des couleurs alors ce passage est remarquable en soi.

«Les marcheuses, accompagnées de leurs maisons, de leurs animaux, de leurs paysages, et leurs êtres chers, les voyageuses immobiles marchent à grands pas vers leur destination lointaine : chronique d'un voyage imaginaire.» Ce sont ces mots, dessinés sur un grand papier, qui expliquent l'exposition qui met en vedette la peinture authentique de Monique Verville. «Les Marcheuses, ce sont des vies et leur environnement», ajoute-t-elle simplement.

Les visiteurs voudront prendre le temps de s'asseoir et de ressentir dans les œuvres, l'histoire de la vie et comment on résiste. Ils pourront regarder les mobiles de papier s'agiter au gré de la ventilation et changer de direction. Bref, s'attarder à comprendre ce que l'artiste avait à dire. «Je voulais habiter l'espace», précise-t-elle pour expliquer la mise en place du mobile au centre de la pièce.

Pour Monique Verville, la création des œuvres qui composent cette exposition aura été libératrice. Une période difficile qui est maintenant derrière elle. «Ça m'a permis d'affronter le noir et blanc moi pour qui les couleurs viennent au bout des doigts naturellement», a-t-elle remarqué. Mais les papiers qui accompagnent les marcheuses sont, eux, très lumineux et remplis d'espoir.



Artiste depuis une vingtaine d'années, Monique Verville s'est donné toute la liberté pour cette exposition. D'ailleurs, l'accrochage des papiers met en vedette une feuille dessinée, chiffonnée et dépliée qui vient voler le regard. Si l'œuvre peut sembler rejetée des autres, elle devient rapidement le «chouchou» de ceux qui prendront le temps de la découvrir. Ils verront aussi que le fil conducteur de toute cette exposition, c'est tout simplement le travail.

Monique se trouve chanceuse de pouvoir créer comme elle le souhaite et c'est ce qu'elle fait pour profiter de la vie. «Il n'y a rien de plus beau que ça pour moi», ajoute-t-elle.

L'art est pour elle une façon de donner la chance de se montrer. «Dans l'imperfection de l'œuvre, on touche à une dimension spéciale de l'être», a-t-elle découvert. Dans ses recherches, elle souhaite laisser parler le médium utilisé. «J'ai besoin de beauté et on peut la voir dans peu de choses», termine-t-elle.

À l'étage, les visiteurs pourront voir les œuvres des artistes Richard Fulham (Paysages improbables) et Ani Müller (Fragments de femmes), toujours dans le cadre du Printemps de l'art contemporain.

Source : La Nouvelle Union