Les auteurs jeunesse doivent être créatifs pour attirer les lecteurs

9 avril 2016

À l’ère numérique, les jeunes sont obnubilés par les réseaux sociaux. Le défi est donc de taille pour les auteurs jeunesse de les accrocher à la lecture, se battant notamment contre les Facebook, Twitter, Instagram et Snapchat.

Rencontrées lors de la Journée des auteurs jeunesse à La Grande Place des Bois-Francs, Caroline Langevin et Mélanie Grenier croient que la tendance est en train de se renverser. Elles estiment que les enfants et les adolescents reviennent tranquillement vers la littérature.

«Cela commence par les parents. Ils se souviennent de certains livres qui les ont marqués et les transmettent à leur enfant. Le ministère a également milité en faveur de la littérature avec de nombreuses campagnes», a noté Caroline Langevin.

Afin d’attirer leur regard, la fondatrice des Éditions Cocciminis a laissé entendre que la couverture est primordiale. C’est pour cette raison qu’elle prend soin de choisir des couleurs attrayantes et dynamiques pour ses romans.

Graphiste de métier, Mélanie Grenier abonde dans le même sens que son homologue. L’auteure derrièreBaba, la dompteuse de matou a mentionné que le contenu est fort important, mais qu’il ne faut pas négliger le contenant.

«La page couverture et les illustrations sont capitales. Je me fais d’ailleurs un devoir qu’elles soient belles, avec des couleurs vives. Il ne faut cependant pas les privilégier au détriment du récit. L’histoire et les personnages ont aussi un rôle à jouer», a-t-elle souligné.

Physique ou numérique?

Maintenant, les bibliophiles ont une nouvelle façon d’étancher leur soif de lecture. Outre l’achat de livres physiques, ils peuvent aussi, grâce aux liseuses, se procurer en quelques clics leurs romans favoris en version numérique.

Les deux auteures sont par contre catégoriques sur le sujet : elles préfèrent, et de loin, avoir un livre entre les mains. «C’est pour cette raison que nous nous efforçons à créer de belles images. Lorsqu’on aime un livre quand on est jeune, on le traîne partout, un peu comme une doudou. Ça donne envie de le relire plus tard. De plus, il s’agit d’un moment privilégié avec son enfant le soir avant le coucher», a fait savoir Caroline Langevin.

Pour sa part, Mélanie Grenier est partout sur le Web et alimente ses plateformes Facebook et Twitter de nouvelles, ce qui lui permet d’échanger avec ses abonnés. Toutefois, si son éditeur lui demandait de passer au numérique, elle refuserait.

«Les jeunes et les adolescents ne lisent pas sur les tablettes. La plupart disent qu’elles forcent leurs yeux. Un livre, c’est mieux. Son poids, sa grandeur… tout cela est tangible. Et si on l’aime, on le garde», a-t-elle complété.