La tisserande de l'oubli s'arrête à Victoriaville

15 avril 2016

Rendez-vous à la bibliothèque Charles-Édouard-Mailhot de Victoriaville le 20 avril à 19 h pour une rencontre avec Sylvie Bernard et Pauline Voisard.

Sylvie Bernard, tisserande de l’oubli est un essai documentaire vidéographique réalisé par Pauline Voisard pour mettre en lumière l’œuvre colossale de Sylvie Bernard dans sa collection Les Noms-dits. En effet, depuis quatre ans, Sylvie Bernard veut donner un nom, un visage, une histoire à des femmes autochtones qui sont mortes sans avoir d’identité. Les Noms-dits rendent hommage aux femmes qui, sans pierre tombale au cimetière de Bécancour, n’ont pas existence. Pourquoi? Parce qu’elles sont femmes autochtones, considérées comme des moins que rien, anonymes. De tous ces êtres inscrits dans les actes de sépulture, Sylvie Bernard a choisi de «tisser l’oubli».

Pour réaliser cette collection, elle a effectué et effectue toujours une recherche dans le répertoire des Actes de sépulture Les Abénakis de Wôlinak entre 1719-1899. Suite à des rapprochements entre les données recueillies, elle constate que la seule trace de l’existence de femmes de sa communauté n’est souvent qu’un prénom chrétien donné par le curé de la place. Il les nommait Marie Sauvagesse. Près de trois cents ans plus tard, Sylvie Bernard souhaite renouer avec cette page oubliée de l’histoire de ces femmes Abénakises de Wôlinak. Elle décide donc de leur créer une identité grâce à la puissance de son art. S’inspirant de faits historiques, elle leur réinvente une vie, une existence grâce à ses sculptures portables : ornements, objets précieux dont les femmes se parent pour marquer leur propre identité, symbole du prolongement de l’âme.

Cet essai documentaire vidéographique est composé de cinq courts métrages intitulés GenèseL’auréoleLes petits mocassins, Porter sa croix et Épilogue.

Sylvie Bernard, une femme aux traits définis qui annoncent une tisserande décidée, au regard pénétrant, plein de courage et de détermination, prête à nous partager son mystère mais aussi, sa capacité de lui donner chair.

Source : La Nouvelle Union