Evelyne Bouchard invite à faire un «Point d'arrêt»

7 avril 2017

Alors qu'elle complétait l'installation de son exposition intitulée «Point d'arrêt» à l'Atoll, elle a bien voulu expliquer son travail présenté en première à cet endroit.
L'artiste de Saint-Constant en est aussi à sa première présence à Victoriaville. Elle a su utiliser l'espace des deux salles d'exposition judicieusement pour son exposition qui est séparée en deux parties. La première, celle que le visiteur découvre en entrant à l'avant, est davantage passive, contemplative. Elle y propose des artefacts, des photos et des dessins. Evelyne explore, dans ce projet, l'interrelation, les fondements de la relation entre les gens. «C'est en fait l'interrelation dans son abstraction, dans son côté métaphorique», explique-t-elle.
L'artiste utilise des légumes racines (pomme de terre, patate douce ou topinambour) et leur système de rhizome qui leur permet de se reproduire. Enrobés d'un filet crocheté, les légumes sont laissés à eux-mêmes ou encore confiés à des tiers qui les ont conservés quelque temps puis redonnés à Evelyne. Il y a également une installation sonore qui répète une phrase en code morse. D'ailleurs, ce système de communication est rappelé à quelques endroits dans l'exposition.
Ensuite, les visiteurs passent par un lieu transitoire qu'elle a drapé de rideaux blancs, leur donnant le temps de décanter avant d'entrer dans l'autre salle où leur action sera sollicitée.
Dans cet autre espace, elle a coulé une dalle de béton en centre. Deux coussins y sont posés et, de chaque côté, des tiges de topinambour sont plantées. Sur les deux murs latéraux, elle a installé 68 carrés crochetés trempés à moitié dans le béton. Le visiteur sera invité à défaire un carré, en tirant le fil et l'amener à rejoindre une des plantes. Ensuite, il pourra s'asseoir au centre et méditer. Finalement, le visiteur pourra prendre un petit sac qui contient une pomme de terre et s'engager dans une «correspondance jardinière» avec l'artiste. Ou bien il choisira de prendre place sur le petit bureau et taper à la machine sa correspondance.
«Point d’arrêt» est une exposition qui explore l’interrelation en elle-même. Cet espace malléable, comme une distance imaginaire ou réelle, est révélé par la qualité plastique, organique et relationnelle de la matière. Elle en sollicite la trace, une donnée de l’expérience sensible, par la participation de la communauté de Victoriaville, tel un point d’arrêt pour avancer vers l’autre. L'exposition se poursuit jusqu'au 5 mai.

Source : Le Courrier Sud