Politique culturelle : le financement et l'éducation au coeur des préoccupations

30 juin 2016

La tournée de consultation publique pour le renouvellement de la politique culturelle s'est arrêtée jeudi à Victoriaville afin d'entendre des intervenants culturels et des artistes. En tout, 10 mémoires ont été déposées et 12 témoignages ont été faits au cours de la journée et c'est particulièrement l'aspect du financement et l'éducation des jeunes à la culture qui étaient au centre des préoccupations.

C'est le ministre de la Culture et des Communications, Luc Fortin, qui présidait cette journée de rencontres. Il était accompagné de Danielle Dubé, chargée de mission et de Gabriel Bran Lopez, conseiller spécial. Un peu avant la fin de la consultation, il a expliqué en entrevue que ce qu'il avait entendu à Victoriaville était sensiblement la même chose que dans les autres régions. «Il y a quelques dimensions différentes, mais pas de surprises.»

C'est la Ville de Victoriaville, avec la conseillère France Auger, qui a lancé le bal devant une quarantaine de personnes réunies au centre de congrès le Victorin en avant-midi. Celle-ci a expliqué que la Ville avait adopté, le 2 mai dernier, sa nouvelle politique culturelle. Mme Auger a plaidé pour la participation citoyenne dans la culture et l'accessibilité de celle-ci. La conseillère a souligné qu'il serait intéressant de pouvoir compter sur des ententes culturelles souples d'une durée de trois ans (plutôt qu'anuelle comme c'est le cas actuellement) ainsi que des ententes régionales permettant le décloisonnement des MRC.

La mise en place d'incitatifs pour que les entreprises participent davantage à la culture et le développement d'ententes interministérielles ont également été abordés. Elle n'a pas manqué non plus de dire qu'il fallait passer par les enfants pour faire passer le message de l'importance de la culture (comme l'avait fait Normand Maurice pour la récupération). «Le milieu scolaire manque d'ouverture à cause des moyens qu'il a», a-t-elle déploré.

Le second mémoire déposé, par la directrice générale Andréanne Blais, a été celui de Culture Centre-du-Québec. Elle a souligné que le principe directeur du mémoire était la reconnaissance de la culture dans l'identité québécoise et a rappelé l'importance ce son organisme (et de ceux des autres régions) pour y parvenir. «Le Conseil de la culture est le seul organisme à avoir une vision globale», a-t-elle mentionné.

L'accès à la formation professionnelle, le soutien au cœur créatif des régions, l'accessibilité à la culture sont d'autres points qu'elle a abordés. Mme Blais a aussi soutenu qu'il fallait encourager davantage la relève artistique afin de la retenir dans les régions, notamment en lui permettant de présenter son travail dans des lieux reconnus.

En après-midi, on a pu entendre Véronique Audy de la MRC d'Arthabaska qui a plaidé en faveur de la proximité et l'accessibilité de la culture. «Qui doit rester au cœur des préoccupations.» Elle a aussi rappelé l'importance des ententes financières afin d'offrir aux artistes un cadre propice à la création, mais de façon triennale afin de surmonter cette impression «de passer davantage de temps à réaliser des ententes qu'à faire des projets», a-t-elle mentionné.

Le ministre a aussi pu entendre le directeur du Musée Laurier, Richard Pedneault, qui a expliqué que le mémoire présenté partait de la base que la culture touche toutes les sphères de la vie. «Un financier dirait que la culture, c'est un bon placement avec garantie de rendement.»

L'aspect de l'éducation a également été abordé, mais pas seulement du côté des écoles, mais avec tous les acteurs de la société. M. Pedneault a également déploré «la mise en place de beaux plans et de belles politiques, mais aucun changement chez les gens de la culture qui sont anémiques et ont faim.» Il a souligné qu'il fallait fournir les ressources dont les acteurs culturels ont besoin pour se développer et conclu en disant que les trois principaux problèmes pour eux étaient «le sous-financement, le sous-financement et le sous-financement».

Des artistes ont également eu droit de parole. On a pu entendre l'auteure-compositrice et interprète Geneviève Labbé, l'artiste visuelle Dominique Laquerre, le conteur Essouma Long et le poète Jean-Guy Lachance parler de leur réalité et donner quelques pistes de solutions.

«La consultation permet de voir ce qu'on peut faire de mieux ou de différent», termine le ministre Fortin.

Source : La Nouvelle Union