Le ministre malade, les audiences reportées

21 avril 2016

Les audiences sur le renouvellement de la politique culturelle du gouvernement québécois sont reportées de quelques semaines, le temps que le ministre Luc Fortin se rétablisse du virus qui le terrasse.

Le gouvernement a annoncé en fin de journée que les séances publiques prévues à Sherbrooke (vendredi), Victoriaville (lundi) et Montréal (2 et 3 mai) seront reprises plus tard. Pour le moment, il est prévu que la vaste consultation débute le 9 mai, à Baie-Comeau.

Le premier ministre Couillard a annoncé la semaine dernière que le ministre Fortin (nommé à la Culture en février lors du remaniement provoqué par le cancer de Pierre Moreau) doit se retirer « pour des raisons médicales » — et cela pour une durée indéterminée. La prédécesseure de M. Fortin, Hélène David, a été chargée de reprendre le dossier de la Culture en attendant le retour du député de Sherbrooke.

Le chantier du renouvellement de la politique culturelle avait d’ailleurs été dévoilé par Mme David quelques jours avant le remaniement. Hélène David parle de ce projet depuis l’élection des libéraux en 2014, et elle le présentait comme son « legs » personnel au milieu et au ministère.

Selon plusieurs sources, son départ a déçu une partie du milieu culturel, d’autant qu’il survenait à la veille du lancement d’un processus attendu depuis longtemps. La politique culturelle du gouvernement a en effet été adoptée en 1992, dans une ère prénumérique aux paramètres de production et de consommation de la culture passablement différents de ceux d’aujourd’hui.

Le porte-parole de Luc Fortin indiquait au Devoir mardi que le ministre pensait initialement participer à toutes les audiences publiques, qui s’étireront jusqu’à la fin du mois d’août.

Québec désire actualiser la politique de 1992 tout en préservant ses « acquis les plus significatifs », qui ont permis le « développement de l’action culturelle gouvernementale ». C’est dans la foulée de l’adoption de cette politique qu’ont été créés le Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ) et la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC).

Dans ses documents de présentation des audiences, le gouvernement évoque la création de ces deux instances comme exemple probant des vertus de la politique. Le positionnement de la culture comme préoccupation dans toute l’action gouvernementale et la reconnaissance du français comme vecteur d’affirmation identitaire sont aussi cités en exemple.

Source : Le Devoir